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  • : Amoureuse de la nature, un brin militante, bienvenue dans mon monde... écologie, merveilles terrestres, belles initiatives, protection animale, livres, cuisine végétarienne mais aussi grognements et émotions... Belle visite ! Laurence
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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:35

Article paru dans Courrier International 

 

"Douglas Tompkins, un très riche Américain adepte d’une écologie radicale achète de vastes terres dans le Cône Sud (moitié sud de l’Amérique du Sud) dans le but de les protéger de toute exploitation humaine. Un projet qui ne lui attire pas que des amis, relate El País.

C'est un écologiste radical. Voilà ce qui suscite la méfiance à son égard et à l’égard de son Conservation Land Trust. Et peu importe qu’il se déclare prêt à offrir ces terres à leurs Etats respectifs une fois que leur transformation en parcs nationaux sera garantie par la loi. Le philanthrope livre donc un combat quotidien pour convaincre les habitants et les autorités qu’il aspire véritablement à leur offrir à terme ce patrimoine formidable, pour le bien de la planète.
“Ils finiront par comprendre : au bout du compte, quel homme politique refuserait 250 000 hectares ?” plaisante Tompkins dans son hacienda dans la province argentine de Corrientes [nord-est]. Nous sommes là dans les Esteros [Etangs] del Iberá, son dernier grand projet écologique en date. Cette vaste région marécageuse s’étend sur 1,3 million d’hectares, dont 500 000 sont déjà classés parc provincial. Les 800 000 hectares restants sont aux mains de propriétaires privés – dont Tompkins, arrivé ici il y a une dizaine d’années, qui détient quelques 139 000 hectares. 
67 ans, c'est un homme mince et sec, un legs de son passé d’alpiniste. On l’imagine peu en homme d’affaires rusé du textile californien, mais c’est pourtant ce qu’il fut durant de longues années. Avec sa première épouse, il fonda la marque  The North Face, spécialisée dans l’habillement et l’équipement pour alpinistes, skieurs et sportifs d’endurance. Après avoir revendu cette marque, ils en ont créé une autre, tout aussi prospère, Esprit. Finalement, il se sépara de sa femme et lui revendit ses parts pour se lancer corps et âme dans son autre passion : l’écologie.
Son premier grand projet, déjà polémique, le conduisit au Chili avec sa deuxième épouse, elle aussi militante écologiste : il y acheta 298 800 hectares de vallées, de montagnes et de forêts sublimes, et créa le spectaculaire parc Pumalín [en Patagonie], la plus grande réserve privée du monde. Au terme d’innombrables conflits et affrontements, le parc fut enfin déclaré par le Chili “sanctuaire de la nature” et, s’il appartient toujours à un propriétaire privé, le CLT, il est géré comme une authentique réserve nationale. Et c’est aujourd’hui en Argentine, dans la zone des Esteros, que Tompkins poursuit aujourd’hui son projet.
Il semble se soucier comme d’une guigne d’être apprécié ou non. “Je n’ai pas acheté ce terrain à de petits paysans endettés, mais à de grands propriétaires”, souligne-t-il. Il vit la moitié de l’année à El Rincón del Socorro, où il arrive en avion privé ; il a restauré les habitations de l’hacienda, qui forment aujourd’hui un élégant quartier. L’une des maisons abrite un charmant petit hôtel tenu par une famille du village. L’idée est de conduire les villages voisins à se tourner davantage vers le tourisme vert, au détriment de la culture du riz et de l’exploitation forestière.
“Dans la région, nombre de petites communes voient déjà dans l’écotourisme leur planche de salut”, estime Sofia Heinonen, une biologiste argentine d’origine finlandaise placée par Tompkins à la tête de son projet environnemental. L’exemple le plus frappant est celui de Carlos Pellegrini, un village de 600 habitants qui compte 23 jolies pensions, un camping au bord de la lagune et des bateaux pour emmener les visiteurs voir serpents gigantesques et petits yacarés (caïmans).
“Beaucoup de gens dans la province se méfient de ce projet, c’est vrai, reconnaît Sofía Heinonen. Certains parce qu’ils veulent exploiter le bois de la région et planter des pins, ce qui représente la pire menace pour cette zone. D’autres parce qu’ils ne comprennent pas que quelqu’un puisse offrir des terres à l’Etat. Ils comprendraient qu’un philanthrope fasse don au pays d’une collection de tableaux par exemple, mais d'un parc national, non.”"

 

"Douglas Tompkins est un militant du mouvement « deep ecology » (« l’écologie profonde”), fondé par le Norvégien Arne Næss dans les années 1980. Le parti pris de ce mouvement est de privilégier la conservation et la protection de la nature avant de songer à la satisfaction des besoins humains. Le monde n’est pas une ressource exploitable à volonté par l’homme. La nature en tant que système est supérieure à l’ensemble de ses composantes, dont l’humain. Par conséquent, aux yeux de la deep ecology la notion d’utilité de la nature pour l’homme n’est pas recevable. Les humains, qui ont exploité les ressources naturelles au point de les épuiser, doivent désormais adopter des modes de vie plus simples. Ces écologistes se prononcent aussi en faveur d’une décroissance de la population."

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Published by Laurence - dans Coup de chapeau !
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commentaires

Eléonore Visart 22/12/2010 17:48


Bravo! C'est un bonheur d'apprendre cette nouvelle. MERCI