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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 18:33

La préfecture de La Réunion lance une opération de pêche d'une vingtaine de requins.

Ballade avec les requins 

 

 

Ile de la Réunion & requins : une entente difficle

Que faire des nouveaux boucs émissaires de l'océan ? Entre protecteurs de l'écosystème et surfeurs, la polémique enfle. 

L'annonce par la préfecture de La Réunion de la capture d'une vingtaine de requins à la suite de la recrudescence des attaques mortelles sur l'île ne semble pas calmer les esprits. Bien au contraire. Pour Lamya Essemlali, directrice France de Sea Shepherd, l'enjeu est pourtant simple : est-on prêt, oui ou non, à partager l'océan et à se donner les moyens d'éviter les attaques ? En jeu, notamment, une mauvaise gestion des déchets et le respect aléatoire des règles de sécurité par les surfeurs.

La préfecture de La Réunion a annoncé la pêche de dix requins-bouledogues et de dix requins-tigres pour évaluer le risque d'intoxication dans l'éventualité d'une recommercialisation de la viande. Pourquoi s'y opposer ?

Lamya Essemlali : On nous dit dans un premier temps qu'il s'agit d'une "pêche scientifique" qui permet d'identifier la présence dans la chair des animaux de ciguatera, une toxine extrêmement dangereuse pour l'homme qui rend le requin inconsommable. On a utilisé exactement le même argument pour exterminer les baleines dans l'Antarctique. Or, on sait très bien que la pêche de quelques animaux ne suffira pas pour procéder à une telle étude. Ces prélèvements n'ont d'autres fins que d'apaiser les esprits en colère et d'ouvrir la voie à une chasse systématique de ces espèces. Les institutions réunionnaises semblent prendre des décisions sans prendre en compte le travail de restauration des écosystèmes marins.

Vous pensez au programme Charc ?

Absolument. On a payé 800 000 euros pour étendre notre programme Connaissance de l'habitat des requins côtiers. Et maintenant, on veut fermer les yeux sur tout ce que les scientifiques ont apporté comme élément au cours de ces études. Ça n'a aucun sens. Mais la préfecture de La Réunion s'en rendra compte en réalisant que les accidents continuent malgré la chasse...

Ils devraient tout de même se raréfier...

On ne fait qu'éluder le problème en raisonnant comme ça. Ce qui est fondamentalement en cause dans ces attaques, c'est la très mauvaise gestion de l'espace par l'homme. Le requin évolue dans ces eaux depuis des centaines de millions d'années. C'est le "recordman" de l'évolution ; il était même là avant les dinosaures. Puis il a disparu, et il est revenu naturellement il y a peu. Le problème, c'est que, pendant son absence, La Réunion est devenue un lieu hautement touristique, que les côtes ont été aménagées et que les activités nautiques ont connu une véritable explosion sur l'île. Et tout ça sans tenir compte des requins. Aujourd'hui, alors qu'ils sont de retour, on préfère éluder le problème et continuer à gérer les déchets n'importe comment. Un accident peut, certes, toujours arriver. Mais quand vous avez, à proximité d'une réserve naturelle marine, à la fois des bouches d'égout et une ferme aquacole, les facteurs de risque sont décuplés. Les côtes à La Réunion constituent aujourd'hui un véritable garde-manger pour les requins.

D'où la recrudescence des agressions ?

Attention, tout est relatif. Cinq personnes en moyenne par an meurent attaquées par un requin à La Réunion. C'est moins de victimes que celles provoquées par la chute des noix de coco ! Et le requin tue dix fois moins que la méduse, par exemple. Ce qui est sûr, c'est que le nombre de surfeurs a considérablement augmenté ces dernières années. Aujourd'hui, selon la Surf Industry Manufacturers Association, les surfeurs seraient 27 millions. Et, très souvent, les règles de sécurité de base ne sont pas respectées. Tous les surfeurs devraient savoir qu'on ne sort pas en eau trouble, que l'aube et le crépuscule sont propices aux attaques.

On dit d'ailleurs que le requin attaque, car il confond la planche du surfeur avec une otarie ou une tortue... Est-ce exact ?

Tout à fait. Mais seulement lorsque l'eau est trouble. Il arrive qu'il confonde alors la board avec un phoque ou une otarie. Cela explique en partie le fait qu'il croque, mais qu'il n'avale jamais sa "proie". L'homme ne fait pas partie du régime alimentaire des squales.

Que se passera-t-il si nous décidons de les chasser ?

On recense déjà une centaine de millions de requins tués chaque année. Les requins-bouledogues et tigres sont désormais classés "quasiment menacés" sur la liste rouge de l'IUCN. On oublie que les poissons prédateurs jouent un rôle capital de "nettoyeur" de l'océan. Si on extermine des espèces, l'écosystème marin va se déséquilibrer davantage. Il est grand temps d'avoir une vraie réflexion sur le partage de la mer.

C'est-à-dire ?

Est-on prêt, oui ou non, à partager cette eau avec les requins ? Et si oui, comment faire pour éviter ces accidents ? C'est exactement comme au ski. Si vous ne faites pas de hors-piste, il y a très peu de chances que vous vous retrouviez dans une avalanche. Il faut apprendre à respecter la montagne et à ne pas prendre de risques inconsidérés. C'est la même chose dans l'eau. D'ailleurs, l'Australie et l'Afrique du Sud subissent proportionnellement beaucoup moins d'attaques de requin que La Réunion. Il existe là-bas davantage de campagnes de sensibilisation, de postes de premiers secours sur les plages, et l'arrivée des "boucliers électriques" anti-requins que l'on peut fixer sur les surfs commence à faire ses preuves. L'entreprise Aquatek Technology travaille d'ailleurs actuellement sur un programme de répulsif magnétique qui pourrait voir le jour d'ici à la fin de l'année. C'est une très bonne nouvelle.

Si le requin ne s'attaque pas spontanément à l'homme, comment expliquer qu'on le craigne tant ?

Comme on a besoin de mythes, on a aussi besoin de se fabriquer des monstres, des boucs émissaires. Et depuis Les dents de la mer, le requin souffre du délit de sale gueule. Ce qui explique en partie l'omerta qui existe sur l'île. Il est mal vu de se positionner contre les battues, de défendre les requins. Espérons que la polémique brise enfin le silence.

www.lepoint.fr

 

Malgré ses mâchoires, le requin tue dix fois moins que les méduses

Malgré son aileron et ses impressionnantes mâchoires, le requin tue dix fois moins que les méduses, soulignent des spécialistes pour qui la psychose suscitée par les squales, comme à La Réunion, reste sans rapport avec le nombre d'attaques dans le monde.

Depuis dix ans, entre cinquante et cent attaques de requins sont recensées chaque année contre l'homme, pour moins de dix morts en moyenne, selon l'"International Shark Attack File", la référence statistique dans ce domaine.

"Les méduses, par exemple, tuent environ 100 personnes chaque année, même si c'est moins spectaculaire de se faire piquer par une méduse que croquer par un requin", indique à l'AFP Robert Calcagno, directeur général de l'Institut et du Musée océanographique de Monaco.

D'un point de vue purement statistique, les squales apparaissent aussi bien moins dangereux que les éléphants, qui "tuent 600 personnes par an", les scorpions (5.000 décès) ou les serpents (100.000), énumère-t-il.

Les attaques de requins passent toutefois rarement inaperçues et sont deux fois plus nombreuses aujourd'hui que dans les années 80. Des attaques attribuées à quatre espèces principales : le célèbre requin blanc des "Dents de la mer", le requin tigre, le requin bouledogue et le requin taureau.

A La Réunion, où les attaques se multiplient depuis un an et ont causé la mort d'un jeune surfeur en juillet, les requins bouledogues et tigres sont dans le collimateur des autorités qui ont demandé lundi la capture d'une vingtaine d'animaux dans le cadre d'une pêche à "caractère scientifique".

Pour les spécialistes de l'animal, l'augmentation de la pratique du surf et des sports nautiques explique vraisemblablement la hausse des attaques au niveau mondial. La raréfaction du poisson, pour cause de surpêche, pourrait aussi inciter les requins à aller chercher de la nourriture dans des endroits où ils n'allaient pas auparavant.

Mais les effectifs de requins, eux, sont globalement en baisse, notamment en raison d'une pêche importante - 30 à 70 millions de squales seraient capturés chaque année - pour satisfaire la demande de l'Asie pour les ailerons considérés à tort comme un aphrodisiaque.

Certaines espèces sont même aujourd'hui menacées d'extinction.

Un problème pour l'avenir des océans car "les requins sont indispensables aux écosystèmes marins", relève Philippe Vallette, directeur général du Centre national de la mer Nausicaa, à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais).

"S'ils disparaissent, ils ne font plus leur métier de top-prédateurs qui est de manger les prédateurs au-dessous d'eux", modifiant profondément l'équilibre des milieux où ils régnaient, explique l'océanographe.

Pour combattre la psychose anti-requin, le scientifique estime notamment qu'il faudrait davantage l'étudier car "on connaît encore très mal le comportement des requins".

Il faut aussi, peut-être, sensibiliser toujours plus les surfeurs sur les moments de la journée ou les conditions de turbidité de l'eau à éviter.

"Est-ce que les surfeurs respectent les consignes données, sont-ils soucieux de bien connaître l'environnement où ils entrent ?", s'interroge l'océanographe Catherine Vadon, maître de conférence au Muséum national d'Histoire naturelle.

"Il faut être plus raisonnable, et apprendre à composer avec la nature", plaide-t-elle, regrettant que les autorités de la Réunion aient fait le choix d'"éradiquer" vingt requins.

Pour Philippe Vallette, toutefois, cette décision "n'aura aucun impact sur les écosystèmes et si ça peut permettre de calmer les esprits, pourquoi pas ?"

www.goodplanet.info © AFP

 

Découpe des ailerons de requins : mesures de l'UE pour mettre fin à la fraude

L'Union européenne a décidé le 19 mars 2012 de mettre fin à toutes les exemptions qui permettaient aux pêcheurs de débarquer les carcasses et les nageoires des requins dans des ports différents, ce qui rendaient les fraudes aisées.

Les ministres européens de l'Agriculture, réunis à Bruxelles, ont approuvé une proposition de la Commission européenne qui demandait la fin des exemptions. Le Parlement européen doit encore donner son accord pour finaliser cet accord.

La découpe des ailerons de requins sur les navires de pêche européens est interdite depuis 2003.

La nouvelle législation prévoit que les navires pêchant dans les eaux de l'UE et les navires de l'UE pêchant dans le monde auront "l'obligation de débarquer les requins avec les nageoires attachées au corps".

La soupe aux ailerons de requin est un met extrêmement convoité par les populations aisées de l'Asie et l'UE, en particulier l'Espagne, est l'un des principaux fournisseurs d'ailerons à l'Asie.

Cette pratique a entraîné une surpêche des requins dans le monde, soulignent des associations de défense de l'environnement.

La surpêche est responsable de la disparition de 73 millions de requins chaque année, affirme ainsi l'association Environment Group (PEG), qui estime qu'une trentaine d'espèces sont directement menacées d'extinction.

A la différence des autres poissons, les squales sont fragilisés par leur cycle biologique car ils n'atteignent leur maturité sexuelle qu'après une dizaine d'années et n'ont que peu de petits à la fois.

GoodPlanet.info

 

Une femelle requin zèbre vierge se reproduit seule

 

 

 

 

  

 

Un requin zèbre femelle – parfaitement célibataire – intrigue au plus haut point la communauté scientifique. Zebedee, qui vit dans un aquarium à Dubaï, vient de pondre, sans avoir jamais été en présence d'un mâle et pour la quatrième année consécutive, des œufs qui ont donné naissance à de petits requins en parfaite santé.

Ce cas de parthénogenèse, qui permet le développement d'un embryon à partir d'un œuf non fécondé, n'est pas unique dans le règne animal. Un cas isolé a déjà été observé en 2001 chez une espèce de requin-marteau au zoo Henry-Doorly, dans le Nebraska. Six ans après la naissance des petits requins-marteaux, des analyses ADN publiées dans la revue Biology Letters, en mai 2007, avaient montré qu'elle résultait d'une parthénogenèse. Le phénomène, connu chez certains petits groupes comme les oiseaux, les reptiles et les amphibiens, n'avait jamais été observé chez les vertébrés principaux comme les mammifères ou les requins.

Mais le cas de Zebedee est encore plus significatif, car sa reproduction n'a rien d'exceptionnel : le phénomène se répète pour la quatrième année consécutive. Ce mode de reproduction inattendu pourrait expliquer pourquoi les requins, apparus il y a 400 millions d'années, ont traversé les millénaires quand tant d'autres espèces, dont les dinosaures, ont disparu, souligne la BBC. La progéniture issue d'une parthénogenèse est génétiquement très proche de la mère, mais pas identique comme dans le clonage. Tous les bébés requins sont néanmoins du même sexe que leur génitrice.

Le Monde

 

Ballet nautique avec les requins

Pierre Frolla

Pierre Frolla est sextuple champion du monde d'apnée. C'est aussi l'un des premiers à avoir plongé avec des requins blancs.

“Je suis de la génération des Dents de la mer. Petit, j’étais passionné par la plongée mais terrorisé par les requins.” Une crainte qui n’a pas freiné Pierre Frolla. Apnéiste dès son plus jeune âge, ce Monégasque de 36 ans a voué sa vie à la mer. Une expérience qu’il raconte dans un livre Pirate des Abysses (éditions du Rocher).

"De gros poissons"

Pendant des années, sa vie est rythmée par la compétition. Plongeant toujours plus loin jusqu’à 120 mètres, toujours plus longtemps, il bat 4 records du monde. – Mais dès qu’il l’a pu, Pierre Frolla a cherché à vaincre sa peur. En apnée face aux requins, il a pu voir que “ce n’était que de gros poissons”. 

Toucher la dorsale des requins blancs

En 2005, au large de l’Afrique du Sud, il rencontre ses premiers requins blancs, les plus grands et les plus dangereux. “J’ai vécu l’apogée : j'ai touché leur dorsale. Grâce à une équipe de télévision, on a montré qu’on pouvait nager avec eux sans qu’ils attaquent”. 

Des attaques en hausse

Pourtant, à la Réunion, six personnes ont été victimes des requins cette année, et deux sont mortes. “Ce sont des animaux sédentaires, qui vivent dans un spot dont ils sont les patrons. La lutte territoriale avec les surfeurs conduit à l’affrontement.”

Marquage

Des filets sont déployés le long de certaines plages, mais les requins, dauphins et tortues s’y coincent et finissent par mourir. Pierre Frolla conseille plutôt de poser des balises sur leur nageoire caudale pour les repérer et avertir les baigneurs. 

"L'égal des animaux"

Eloigné de la compétition depuis 2007, Pierre Frolla dirige une école de plongée qui apprend aux jeunes à respecter la mer. “En apnée, on ne fait pas de bruit, on se fond dans le milieu, on est l’égal des animaux.”

Metro

 

Pirate des abysses - L'enfant de la Grande Bleue

Pierre Frolla, jeune Monégasque né en 1975, est un passionné. Sa passion, son plaisir, sa vie, c'est l'apnée. Sérieux dans son travail et à l'aise dans la vie, ce personnage extrêmement sympathique a su séduire les médias, et est devenu en quelques années le représentant légitime de l'apnée mondiale, puisqu'il est quadruple recordman du Monde en apnée (3 records en Immersion Libre et 1 en Poids Variable).

Sa quête : un retour à la nature dont il peut jouir au cours de ses descentes abyssales, en contact permanent avec le milieu marin. « L'immersion Libre, c'est le moyen de glisser dans la vérité ».

L'esprit de l'apnée, c'est le partage de son bien-être. En dehors des championnats, il n'y a pas de concurrents, pas de records, pas de compétitions. Un seul combat, celui du sportif en quête d'harmonie avec la nature. Un être à la recherche des limites physiques et physiologiques du corps humain.

Ce livre fascinant permet au lecteur de voyager dans des contrées qu’il ignore en suivant les aventures incroyables d’un jeune sportif monégasque. Pierre Frolla nous explique son parcours, ses passions et sa foi. Il est né au bord de la mer et il ne l’a plus quittée, il est la mer, il entre en elle, se fond en elle, devient liquide. Aujourd’hui, il dirige une école de plongée célèbre dans le monde entier, qui lui permet de transmettre aux nouvelles générations sa soif d’absolu.

Son site web : www.pierrefrolla.com

 

En Thaïlande, les requins sont en voie d’extinction dans les eaux de la Thaïlande.

Ces animaux sont capturés pour leurs ailerons qui servent à faire une soupe très réputée. Un groupe de plongeurs a commencé à relâcher les requins en mer, témoigne Bangkok Post.

Relâcher des oiseaux et des poissons dans la nature fait partie de la tradition bouddhiste : c’est un acte considéré comme méritoire (il permet de cumuler un “capital” positif en vue d’une réincarnation).

Aujourd’hui, un club de plongée de Pattaya, baptisé Dive Tribe, s’inspire de ce principe pour encourager le public à protéger la vie marine dans les eaux de cette destination très touristique de la Thaïlande.

Ce ne sont pas des oiseaux que relâche Dive Tribe, mais des requins, dans le cadre de la campagne Dive Tribe Great Shark Release (le grand lâcher de requins de Dive Tribe). Plus précisément, de petits requins sauvés ou rachetés à des animaleries de Bangkok. Ces squales très recherchés pour leur beauté sont souvent présents dans les aquariums et dans les restaurants.

“En les rendant à leur habitat naturel, on ne peut pas garantir qu’ils ne seront pas à nouveau capturés”, explique Gwyn Mills, le directeur de Dive Tribe. “Mais pourquoi ne pas leur donner une seconde chance ?”

La campagne des plongeurs écolos cherche à sensibiliser le public à la menace d’extinction qui pèse sur les requins. Selon des chiffres de l’ONG Pew Charitable Trusts, quelques 104 millions de requins sont tués chaque année : 78 millions sont pêchés pour leurs ailerons, 20,5 millions pour leur viande et 5,5 millions sont victimes de la pêche sportive ou pris accidentellement par des chalutiers dans leurs filets.

Pourtant, le squale joue depuis plus de 420 millions d’années un rôle essentiel dans la stabilisation de la biodiversité marine. Se nourrissant de petits poissons, il se situe au sommet de la chaîne alimentaire des océans : son déclin peut avoir de lourdes répercussions non seulement sur le milieu marin, mais aussi sur la planète entière, et donc sur l’homme.

Dive Tribe a lancé cette campagne après plusieurs témoignages de plongeurs déplorant la raréfaction des requins dans les eaux thaïlandaises. Par le passé, il était fréquent d’en apercevoir au cours d’une plongée, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Certains pêcheurs n’hésitent pas à attraper les requins uniquement pour prélever les ailerons, rejetant ensuite les animaux morts à la mer. Dive Tribe participe donc à une campagne de sensibilisation des enfants et de leurs parents afin de dissiper quelques croyances sur la consommation de soupe d’ailerons de requin.

Le club de plongée a réussi à convaincre l’hôtel Conrad Hilton de Bangkok de retirer cette soupe de la carte de son restaurant. Cet hôtel haut de gamme avait constaté que la consommation de ce mets était mal vue et jugée politiquement incorrecte un peu partout dans le monde.

“Personne n’a le droit mettre en danger une espèce au prétexte que cela fait partie d’une culture”, dénonce Gwyn Mills. De fait, la tradition attribue aux ailerons de requin diverses vertus, dont celles de renforcer la virilité et d’embellir le teint.

La soupe aux ailerons de requin figure toujours comme un mets de choix dans les restaurants haut de gamme. Cette soupe est aussi un signe de richesse et de prestige que recherchaient déjà les empereurs de la dynastie chinoise Ming pour sa rareté, ses saveurs et la délicatesse de sa préparation.

Aussi réputée du point de vue culinaire que symbolique, elle est prisée lors des grandes occasions, mariages, banquets ou repas d’affaires marquant la signature d’importants contrats. Loin de ces belles croyances, le requin, parce qu’il se situe au sommet de la chaîne alimentaire, ingère et absorbe des polluants comme le mercure, très toxique et dangereux pour la santé. Selon une étude menée en 2001 par l’Institut thaïlandais de recherches scientifiques et technologiques, 70 % des plats à base d’ailerons de requin contiennent du mercure à des taux élevés.

Rendre les animaux à leur habitat n’est pourtant que la première étape d’une longue lutte pour la préservation des requins. Pour que les efforts soient durables, il faudrait que le gouvernement thaïlandais, à l’instar d’autres pays, mette en place des zones d’interdiction de la pêche au requin à l’échelle nationale et adopte des lois interdisant le commerce des ailerons de requin.

Mais même si ces mesures sont adoptées, il est peut-être déjà trop tard pour espérer sauver le requin. Comme le panda, il a un mécanisme de reproduction lent qui rend la menace d’extinction d’autant plus alarmante. L’exemple du thon n’est guère rassurant : un moratoire sur la pêche au thon dans l’Atlantique adopté dans les années 1980 n’a toujours pas permis, trente ans plus tard, de reconstituer les stocks.

Du côté de la loi…

Certains pays comme les îles Mariannes du Nord, l’île de Guam, les îles Marshall, le Honduras et le Chili, ainsi que les Etats américains de Hawaii, de l’Oregon et de Washington ont adopté des législations prohibant la vente, la possession et la distribution de produits à base de requin ou d’ailerons de requin. D’importants sites de plongée dans l’Etat de Sabah, en Malaisie, s’apprêtent également à interdire la chasse au squale – ce serait une première à l’échelle mondiale. De leur côté, les parlementaires chinois tentent de faire adopter une loi qui prohiberait totalement le commerce des ailerons de requin. S’ils y parviennent, ce serait une avancée considérable, estime Bangkok Post : la Chine continentale, Taïwan et Hong Kong représentent à eux seuls 95 % de la consommation annuelle mondiale d’ailerons.

Courrier International

 

Dans le sillage des requins : exposition qui s'est déroulée en 2011 à l'aquarium de la Porte Dorée. Interview de Philippe Janvier, Paléontologue, spécialiste des fossiles vertébrés

De quand date le plus vieux fossile de requin ?

De 420 millions d'années. Le requin a traversé 2 périodes d'extinction planétaire et il est toujours en vie.

Comment a-t-il pu y survivre ?

On ne sait pas. La 1ère grande période d'extinction qui le touche surgit entre le permien et le trias (250 millions d'années) et engendre la disparition de plus de 80 % du monde marin, sans doute à cause d'une anoxie (manque d'oxygène) des océans. Durant la 2ème période d'extinction, celle du crétacé (65 millions d'années), fatale aux dinosaures, 75 % des espèces de la Terre s'éteignent. La population de requins est atteinte mais résiste à nouveau.

On parle pourtant aujourd'hui d'une vraie menace d'extinction pour l'espèce...

Aujourd'hui, la menace est réelle effectivement, notamment à cause de la pêche intensive des ailerons.

A-t-il toujours ressemblé au requin d'aujourd'hui ?

Il est resté assez proche. Il vit sa principale mutation vers 400 millions d'année, en perdant sa capacité à fabriquer de l'os. Sa structure se transforme alors en cartilage, plus souple et aussi résistante que l'os. Par la suite, il changera relativement peu : ses principales évolutions consistent simplement à s'adapter aux autres poissons pour les chasser.

A-t-il toujours été un grand prédateur ?

Vers 400 millions d'années, la population de requins est relativement modeste et le plus grand prédateur s'appelle placoderme, un énorme poisson recouvert de plaques osseuses, dont la taille atteint les 7 mètres. Un véritable tank. Subitement, vers 360 millions d'années, le placoderme disparaît, libérant d'énormes niches écologiques. Au carbonifère, la population de requins et de chimères explose et les deux se partagent la nourriture : les poissons pour les premiers, les coquillages pour les seconds. Le requin devient alors le principal prédateur.

Et il devient gigantesque comme en atteste la mâchoire de 2 mètres du mégalodon présentée à l'exposition...

Ce requin vivait il y a environ 15 millions d'années, et pouvait mesurer jusqu'à 15-16 mètres. Cet ancêtre du grand requin blanc reste le plus grand carnivore marin jamais connu. Il se nourissait de baleines, comme le montrent des marques de dents retrouvées sur des os de cétacés. On dirait des coups de hache.

Il faut dire que ses dents, dont certaines son exposées, sont impressionnantes !

Une mâchoire de mégalodon pouvait contenir jusqu'à 300 dents, mesurant chacune 15 centimères. Et il pouvait en avoir plusieurs milliers au cours de son existence car un requin renouvelle sa dentition tous les 12 jours environ.

20 minutes

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Published by Laurence - dans Non !
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