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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 11:30

Les bêtes d'élevage en France avalent trop d'antibiotiques. Un rapport qui vient d'être dévoilé révèle une hausse de consommation depuis 10 ans. A terme, cet excès de consommation peut nuire à la santé humaine.

"Les antibiotiques, ce n'est pas automatique." Martelé depuis des années par les autorités sanitaires et les cabinets médicaux, ce message a visibilement du mal à passer dans les fermes : de 1999 à 2009, l'exposition des animaux aux antibiotiques a augmenté de 12,6 % en France !

Les éleveurs de porcs sont les plus gros utilisateurs d'antibios (44 % des ventes) devant les éleveurs de volailles (22 %) et les propriétaires de bovins. L'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV) qui vient de dévoiler ces résultats, s'inquiète particulièrement de l'utilisation croissante de deux nouvelles molécules plus actives. Les ventes de l'un de ces antibiotiques de nouvelle génération ont ainsi augmenté de 105 % en 10 ans. "L'augmentation de leur utilisation est préoccupante", estime l'ANMV, qui préconise aux vétérinaires de ne les prescrire qu'à titre curatif et non préventif comme le font certains éleveurs.

Des bactéries transmises à l'homme

Si le gouvernement s'inquiète autant de cet usage massif d'antiobiotiques dans les élevages (1067 tonnes ont été vendues en 2009) c'est parce qu'il contribue à l'apparition de bactéries multirésistantes. "Ces bactéries peuvent ensuite être transmises à l'homme, principalement par l'alimentaiton, relève l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS). Elles peuvent être rejetées dans l'environnement avec les excréments animaux, être présentes dans l'eau, contaminer la viandre lors de l'abattage et se retrouver dans nos assiettes si la température de cuisson est insuffisante pour les détruire."

Des traitements trop souvent prescrits

Chef du laboratoire de bactériologie médicale à l'hôpital Bichat, Antoine Andremont milite pour un meilleur contrôle des prescriptions de médicaments en milieu vétérinaire. "Les antibiotiques sont devenus une ressource limitée et précieuse qu'il faut réserver en priorité à la médecine humaine, quitte à réduire drastiquement les autres utilisations, estime le médecin. Mais personne n'est certain que l'on puisse maintenir des élevages intensifs sans antiobiotiques et les vétérinaires ont par ailleurs un intérêt économique à en prescrire car ce sont aussi eux qui les vendent."

Membre de l'Académie vétérinaire, le Professeur Alain Philippon estime qu'il faudrait effectuer "une campagne au sein de la profession pour prôner un meilleur usage des antibiotiques. C'est ce qui a permis en pédiatrie d'en réduire l'usage de près de 30 %. Il faut par ailleurs inciter les vétérinaires à suivre les règles précises de prescription car on ne peut pas utiliser n'importe quel antibiotique n'importe comment."

Les élevages intensifs en cause

En pointe dans le combat pour le bien-être animal, l'Association L214 pointe de son côté les conditions de vie des animaux dans les fermes intensives. "La promiscuité et les conditions d'élevage surexposent les animaux aux différentes pathologies, souligne l'un des porte-parole de l'association, Sébastien Arsac. Sans antibiotique, des taux élevés de mortalité mèneraient l'élevage intensif à sa perte. Le problème est que beaucoup d'éleveurs utilisent les médicaments à titre préventif et que certains vétérinaires les prescrivent parfois par fax, sans même se déplacer dans les fermes pour voir l'état des animaux."

L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation (ANSES) reconnait qu'il faut "améliorer certains systèmes d'élevage". "Dans une même filière, on constate des écarts considérables de consommation d'antiobiotiques d'un élevage à un autre, ce qui montre bien que le volume des bâtiments, les conditions d'alimentation, les écarts de température peuvent facilier l'expression de pathologies." souligne le directeur de la santé animale de l'ANSES, Philippe Vannier.

A l'initiative de la Direction générale de l'alimentation, le Comité national pour un usage raisonné des antibiotiques vient de se réunir pour la première fois au mois de janvier. En juin il rendra un rapport sur les bonnes pratiques à mettre en place dans les élevages pour devenir moins accro aux antibios.

Le Parisien - Frédéric Mouchon


 Association L214 

   

 Le site : www.l214.com

 

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Published by Laurence - dans Côté santé
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