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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 20:09

 

faut-il-manger-les-animaux.jpg 

 

De  Jonathan Safran Foer

Editions de l'Olivier

 

"Déjà couvert d’éloges (en particulier ceux de J.M. Coetzee), best-seller aux États-Unis, en Italie et en Allemagne, ce premier essai de J.S. Foer est un coup de maître. Les questions qu’il pose – et les réponses qu’il propose – sont universelles : pourquoi l’homme est-il carnivore ? Cet usage est-il moralement légitime ? Et surtout : comment traitons-nous les animaux que nous mangeons ? Convoquant souvenirs d’enfance, données statistiques et arguments philosophiques, J.S. Foer interroge les croyances, les mythes et les traditions familiales et nationales existant à ce sujet, avant de se lancer lui-même dans une vaste enquête. Entre une expédition clandestine dans une usine d’abattage industriel et un reportage sur un ranch où l’on pratique l’élevage traditionnel, une recherche sur les dangers du lisier et la visite d’une ferme où les dindes sont élevées en pleine nature, J.S. Foer explore tous les degrés de l’abomination, et les derniers vestiges d’une civilisation où l’animal était encore respecté. Choquant, drôle, inattendu, ce livre devrait susciter passions et polémiques." (www.bibliosurf.com)


"Les Editions de l’Olivier publie, en cette rentrée de janvier, un livre exemplaire : celui de Jonathan Safran Foer : Faut-il manger les animaux ? Nous avons déjà souligné ici combien les écrivains disposent d’une bonne longueur d’avance - les philosophes restant des carnivores - sur la question des rapports entre l’humanité et l’animalité. La place de l’animal est à reconsidérer. Et, encore une fois, seule la littérature rend aux bêtes la parole qu’elles n’ont pas. Jonathan Safran Foer a été l’élève de Joyce Carol Oates à Princeton. Il est déjà l’auteur de deux romans majeurs, Tout est illuminé et Extrêmement fort et incroyablement près. Dans son dernier ouvrage, il met tout le poids de son talent littéraire au service d’un vibrant plaidoyer contre l’élevage industriel et l’abattage des animaux. J’écris « plaidoyer », et déjà le mot se dérobe : car Safran Foer est plus dans la peau de Truman Capote que dans celle d’un avocat. Ce qu’il nous donne à lire et donc à voir n’est pas seulement juste : c’est, au sens propre, hallucinant. Bien sûr, l’actualité, avec la crise de la vache folle, ses destructions et ses bûchers d’animaux, a ouvert une large brèche dans les esprits ; mais il s’agit ici de bien davantage. Je ne suis pas sûr que, dans cet éditorial, il soit bienvenu de présenter des extraits de Faut-il manger les animaux ? et de s’appesantir sur les becs et les groins tranchés à vif, les yeux arrachés, les poux de mer... Vache, veau, porc, poisson, rien n’est épargné - c’est l’arche de Noé à l’envers. Pour ma part, je ne crois pas être sorti indemne de la lecture de cet essai. D’autant que les acteurs de ce massacre (ouvriers, bouchers, éleveurs, propriétaires...) ne sont pas sur le banc des accusés. Aucune moraline dans ces pages. Lorsqu’il doit tracer le portrait de l’un des tortionnaires, l’auteur écrit simplement : « Il parle fort et sans détour. Il est du genre à réveiller tout le temps les bébés qui dorment. » Tout est dit.

Si l’on s’attache à la question de l’industrialisation, on se souvient, comme l’a écrit Élisabeth de Fontenay, que ce sont les abattoirs de Chicago qui ont inspiré la division du travail à Henry Ford, antisémite notoire, adepte et ami d’Hitler. Voilà pourquoi Isaac Bashevis Singer, Elias Canetti et Vassili Grossman ont placé au cœur de leurs œuvres « une interrogation pressante sur la manière pogromiste, nazie, qu’ont les hommes de traiter les bêtes ». Que nous apporte ce livre ? Bien plus qu’une défense et illustration du végétarisme. Un retour à ce que Blake appelait le « chant de l’innocence » de l’agneau par opposition à l’ordre terrible (fearful symmetry) du tigre. Dans une publication récente, Cécile Guilbert définissait ainsi ce champ trop souvent laissé en jachère : « L’innocence, cette contrée sans mémoire, d’où le mal est absent et qui n’a d’autre objet que la pure et indéfinie faculté d’être. » À ce souci, le romancier américain répond par une question : « La personne qui fait l’effort d’agir pour son innocence doit-elle vraiment être vue avec commisération ? » Son essai nous fera-t-il suffisamment honte pour que, comme le disait Kafka, le souvenir nous revienne ?"

Joseph Macé-Scaron (www.magazine-litteraire.com)


Le Point.fr - Publié le 05/01/2011
Propos recueillis par Michel Schneider
Dans son livre, Jonathan Safran Foer livre le récit des horreurs observées en 3 ans d'enquête.
Pourquoi ce livre ?
J'écris toujours sur ce que je ressens, sur ce qui me soucie, sur le futur, plus que sur le passé. Sur mes peurs.
Est-ce un essai ou une œuvre de fiction ?
La fiction, l'imagination sont pour moi le meilleur moyen d'exprimer ce que je ressens, ce que je pense. C'est une fiction réelle, si vous voulez. Truman Capote parlait de "roman sans fiction" ; je définirai mon livre comme une fiction non romanesque.
Y a-t-il des liens avec vos deux romans précédents (Tout est illuminé et Extrêmement fort et incroyablement près) ?
On écrit toujours un seul et même livre, mais dans ce cas, l'imagination seule ne suffisait pas à exprimer ce que je voulais dire. Il y a bien de l'imagination dans ce livre, mais c'est celle des gens qui fabriquent la viande industriellement. J'ai mené dans le monde souterrain de l'élevage des animaux de boucherie et dans les abattoirs une enquête de trois ans. Si j'avais écrit un roman, on l'aurait pris pour un roman de science-fiction tant les gens qui organisent ce système déploient une imagination folle pour arriver à leurs fins. Très souvent, tandis que je me documentais par des ouvrages scientifiques ou des rapports officiels, je me suis interrompu en disant à ma femme : "Lis ! C'est absolument incroyable !" Dans un roman, on ne m'aurait pas cru.
Vos conclusions ?
Je ne conclus pas, j'expose. Manger de la viande pollue la planète, contribue à la dégradation climatique et à l'extension de la faim tout en ruinant nos santés. La situation du poisson n'est pas moins préoccupante : les scientifiques disent que, si l'on continue la pêche comme aujourd'hui dans 240 ans, il n'y aura plus de poissons sur cette planète. Il y a eu un changement radical. Depuis des millénaires jusqu'à il y a une cinquantaine d'années, l'homme, pour élever des bêtes et manger leur chair, imitait la nature. L'invention de la nourriture carnée industrielle est fondée sur l'idée que la nature est un obstacle à la productivité. Il n'y a plus de fermiers, mais des managers, des usines d'élevage, d'abattage, de découpe et de conditionnement dont les responsables n'ont plus aucune notion de ce qu'est un animal. Ils n'ont qu'une pensée : comment gagner plus en dépensant moins, et s'ils pensent que des animaux malades leur feront gagner plus que des animaux sains, ils le font.
Savez-vous qu'un poulet dans la nature vit dix ans et celui que vous mangez au McDonald's, 45 jours ? S'il vivait plus longtemps, ses pattes se casseraient sous son poids.
Sur tout cela, nous pouvons quelque chose.
Vous parlez de cruauté...
Selon un rapport, une fois sur trois, un animal est abattu dans des conditions cruelles en infligeant une souffrance inutile. La cruauté n'est pas le fait de ceux dont le métier est d'abattre des animaux. Je crois plutôt qu'ils sont pris dans une situation impossible. Comme les fermiers, d'ailleurs, ils ont sans doute vécu avec des animaux, mais les conditions de l'abattage, la productivité font qu'ils doivent procéder le plus vite possible quelle que soit la souffrance infligée aux animaux. Ils sont aliénés au processus et aux produits. Ce qui me fait le plus plaisir, c'est que les réactions les plus favorables à mon livre sont venues de fermiers. Ils aiment les animaux et s'en tiennent aux techniques ancestrales. Les fermes industrielles n'ont qu'une idée : se débarrasser des agriculteurs.

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Published by Laurence - dans A lire - A voir
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